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27 de febrer 2022

Entretien à Lacan Studio TV sur «Autorité et autoritarisme»















QS : Peut-on dire qu’il y a une crise de l’autorité?


R : Oui. On entend partout et souvent, avec un accent d’impuissance : il y a une crise de l’autorité. Il y a une crise d’autorité dans la famille, de l’autorité du père d’abord qui en était jadis son vénérable représentant. Il y a une crise de l’autorité pédagogique des enseignants qui n’arrivent pas à se faire respecter par leurs élèves. Il y a une crise de l’autorité épistémique des savants scientifiques, là où les comités d’éthique doivent garantir leurs recherches et les conséquences de leurs progrès. Il y a aussi, bien sûr, une crise de l’autorité ecclésiastique dans le domaine de la religion et de ses hiérarchies, toujours suspectes d’agir suivant des désirs qui ne sont pas conformes à la sainte béatitude d’une autorité exemplaire. Et il y a aussi et surtout une crise de l’autorité politique, dans les pays d’Occident où les démocraties formelles deviennent de plus en plus ce qu’on nomme « démocraties autoritaires », ou même « démocraties sans politique ». Aujourd'hui, c’est dans le domaine de la politique que les autorités sont le plus questionnées, contestées ; c’est là où la fonction de l’autorité a le plus de mal à s’exercer, là où les autorités ont le plus de mal à se faire reconnaitre ou à se reconnaitre entre elles. « Ils ne nous représentent pas », dit-on dans une revendication qui rejette toute possibilité de se faire représenter par une autorité quelconque.

Qs : Y a-t-il une crise de l’autorité particulière à notre monde contemporain?

R : En fait, si l'on passe en revue l'histoire, l'autorité a été toujours en crise dès lors qu'elle doit justifier ce qui l’autorise, ce dont elle s’autorise, c’est-à-dire ce qui la constitue comme autorité. Plus elle doit se justifier, plus elle s’affaiblit. Et plus elle s’affaiblit, plus on trouve des formes de plus en plus dures d’autoritarisme. Elles vont de l’usage du pouvoir par la force physique, voire la violence jusqu’au recours à la force de la norme juridique où elle cherche de trouver sa garantie. Jacques Lacan l’avait déjà signalé : il y a un rapport entre la perte d’autorité et l’exercice du pouvoir, je cite : « l’impuissance à soutenir authentiquement une praxis, se rabat, comme il est en l’histoire des hommes commun, sur l’exercice d’un pouvoir » (Écrits, p. 586). C’est donc dans l’impuissance à s’autoriser de façon authentique d’une pratique —pédagogique, thérapeutique, politique, etc.— qu’on trouve la pente à l’autoritarisme et à l’exercice d’un pouvoir par la force physique ou par celle de la loi.

Qs : Quel lien établissez-vous entre autoritarisme et autorité?

R : Il y a un cercle vicieux entre autoritarisme et crise d'autorité —l'un se nourrit de l'autre, l'un est un effet de l'autre. Il a été largement étudié par de nombreux penseurs —d’Hannah Arendt à Michel Foucault—, notamment après la Seconde Guerre mondiale, moment qui scelle le déclin des figures classiques de l'autorité. Lacan avait déjà interprété à ce moment-là ce déclin comme celui « de l’imago paternelle ». Il faut suivre les traces de ce déclin de l’image classique du père pour comprendre la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui du fait de ces nouvelles formes d’autoritarisme. Lacan l’a souligné peu après : cela va « du père au pire ». La chute de l’autorité du père n’annonce pas un rapport plus libre à l’autorité. Toutes les tentatives de restaurer cette image du père semblent plutôt nourrir des formes renouvelées d’autoritarisme.

Qs : Autorité et autoritarisme, quel rapport avec la loi?

R : L'autoritarisme devient le symptôme de la disparition de l’autorité elle-même. On le constate en particulier dans l’usage du pouvoir et de la violence qui ne respecte plus la singularité des personnes. Et la disparition de l'autorité fait émerger l'usage du pouvoir de la force, celui de la norme juridique ou bien celui de la force physique. C’est Kojève — le seul maître que Lacan s’est reconnu dans le champ de la philosophie et de la politique— qui a su le voir avec lucidité, juste après la débâcle de la Seconde Guerre Mondiale. Il écrivait, en effet, dans son célèbre essai sur l’Autorité : « On peut dire que la Légalité est le cadavre de l’Autorité ; ou, plus exactement, sa ‘momie’ —un corps qui dure tout en étant privé d’âme ou de vie ».

L’autoritarisme tend à se poser comme une autorité universelle qui vaudrait pour « tous ». C’est ainsi qu’on croit fonder une autorité en politique, car gouverner pour tous, c’est toujours la promesse au nom de la loi. Mais cela touche bientôt un impossible, car il n’y a pas d’universel sans ségrégation, sans une exception qui reste impossible à gouverner. Plus on tend à une autorité universelle et plus on parvient à une position autoritaire.

Qs : Comment définir l’autorité dans le discours analytique?

R : La question de l’autorité se pose aussi dans le discours analytique : y-a-t-il une autorité qui puisse se fonder, non pas sur un « pour tous » mais sur ce point de butée qui fait objection au « tout » ? Ce serait une autorité fondée sur la logique du « pas tout », telle que Lacan l’avait formulée à propos de la position féminine. C’est-là le point de départ d’un programme à développer pour une politique de l’autorité analytique : une politique du pas-tout. Elle serait contrainte à entretenir une conversation continuelle avec ce qui fait toujours exception.

Pour nous en faire une idée, écoutons le poète Majorquin Blai Bonet. Il a formulé un beau paradoxe : « Nul n'est autorisé à ne pas avoir une autorité propre ». C’est la maxime de quelqu’un qui n'attend pas l'autorisation d’un Autre universel. Au contraire, il tient compte de la singularité comme le lieu d'affirmation d'une autorité authentique. Cette maxime ne dit pas, comme le dirait un bon Maître, « Tout le monde est autorisé à.… », ce qui serait plaisant à entendre pour tout un chacun. Cette maxime commence par : « Nul n'est autorisé à… », c’est-à-dire : « Il n'y en a pas un, pas même celui qui énonce cette maxime, qui soit autorisé à quoi que ce soit dès le départ ». Et, puisqu'il n'y en a pas un, alors on devra envisager le un par un. On devra vérifier comment chacun s’autorise de sa propre autorité.

Une telle maxime vise à mettre chacun dans sa position singulière de sujet de la parole, à s’autoriser de soi-même contre toute forme d’autoritarisme, et dans une conversation continuelle avec les autres.

03 de gener 2021

L'esperit hamletià dels catalans



 Entrevista publicada a El Punt Avui el 28 de desembre del 2020

(Gràcies a Mireia Rourera pel seu acord per publicar-la a Desescrits. M.B.)


“Com deia Pla, l’esperit dels catalans és hamletià”


Al final del seu poema, Kavafis parla de la pluralitat de les Ítaques, cadascuna singular 

Miquel Bassols parla, en el seu darrer llibre, d’autoritat i autoritarisme, un tema molt actual avui a casa nostra. 

"El punt de partida és distingir poder i autoritat, que molt sovint confonem”, assenyala. I diu que, seguint la idea de l’experiència psicoanalítica que va desenvolupar Jacques Lacan, gairebé es pot dir al revés: com més s’utilitza el poder de la llei i de la força, menys autoritat hi ha. “I aquí sí que podem dir que hi ha una crisi d’autoritat quan la força de la llei es converteix en un recurs constant”, manté.

Quan l’Estat dona l’autoritat al Tribunal Suprem, per exemple?

Sí, perquè el Tribunal Suprem no és autoritat, sinó llei. Alexandre Kojève deia que la llei, segons com es fa servir, és el cadàver de l’autoritat.

Un exemple seria el que està passat aquí els darrers anys.

El recurs constant a la llei jurídica no fa més que demostrar la manca i la crisi d’una autoritat que no pot reconèixer el subjecte polític que està en joc. Resoldre una crisi política amb la força de la llei el que fa és desautoritzar cada vegada més cada una de les parts i no permetre que cadascuna s’autoritzi en la seva posició de subjecte. Perquè la llei per si mateixa no és res. Fins i tot la llei més fonamental necessita sempre de la seva interpretació.

Aleshores, podem dir que l’Estat espanyol no té autoritat a Catalunya i que és autoritari?

Quan un estat perd la seva autoritat en una part del territori i utilitza la força de la llei és quan comença l’autoritarisme, sí. Quan, a més, no hi pot haver una part ponderada en els reconeixements de les autoritats, el que ve és l’ús arbitrari de la força de la llei i de la força física.

Aquesta falta d’autoritat afavoreix el creixement d’opcions i líders autoritaris?

Quan cau l’autoritat, quan no hi ha reconeixement de l’autoritat en la conversa, perquè no hi ha autoritat que no es pugui fundar en una conversa continuada, aleshores és el camp abonat per a l’aparició dels autoritarismes. Això ho hem vist en molts moments de la història, i ara, malgrat les diferències amb altres èpoques, estem en un camp propici per a l’aparició del que podria ser una autoritat absoluta que, d’altra banda, molta gent pot esperar com una solució. Quan hi ha una falta d’autorització en l’acte polític poden aparèixer figures de líders que no fan una política en el sentit aristotèlic de la paraula, de considerar el subjecte com un ésser parlant, responsable dels seus actes, sinó que fan un ús del poder que es desresponsabilitza del seu acte i alhora també en desresponsabilitza el ciutadà. Hem de reivindicar la responsabilitat política, que no és només dels polítics, sinó també de cada ciutadà.

Estem en un atzucac.

Polític, econòmic i social, i la pandèmia ens ho ha fet veure més. La crisi també ha posat en relleu que ara és el moment de fer aparèixer la singularitat de cada subjecte en la responsabilitat del seu acte polític.

Responsabilitat individual?

Kavafis no va parlar només d’una Ítaca. Al final del seu poema, parla de la pluralitat de les Ítaques, cadascuna singular, per a cada subjecte. O ens prenem seriosament que la política és un per un i que la lògica dels tots no funciona i porta a les pitjors pràctiques, o sempre ens trobarem amb el mateix atzucac: prometre grans tasques universals impossibles de complir i que només alimenten posicions autoritàries que es funden, precisament, en discursos universals. Una de les coses que ha posat sobre la taula el conflicte de Catalunya amb l’Estat espanyol, el símptoma Catalunya, és que ha fet palès, d’una banda, la impossibilitat de resoldre l’autoritat política amb un recurs a la norma jurídica, però també ha plantejat la importància de l’acte polític com alguna cosa que posa en joc la responsabilitat de cada subjecte d’una manera radical i que no es pot resoldre amb discursos de promeses.

Josep Pla va parlar de “l’estat d’esperit dels catalans” i els va definir com a hamletians.

Jaques Lacan deia que Hamlet és la tragèdia del subjecte modern contemporani, el subjecte que, en nom d’un paradís promès, s’inhibeix en el seu acte, es queda inhibit davant la responsabilitat que ha d’assumir. I això és cert: veient una mica la història de Catalunya, hi ha una cosa que es repeteix d’aquests actes diguem-ne fallits en termes psicoanalítics, que diuen una altra cosa de la que el subjecte suposava que anava a dir.

Ser o no ser.

Aquest ser o no ser sempre espera un reconeixement de l’altre. I, efectivament, crec que el subjecte català, si és que es pot dir així, espera molt el reconeixement de l’altre, espera que l’autoritzin... per moltes raons històriques. Això ha portat a moments de crisi i a moments de desfeta que indiquen, com també deia Pla, que a Catalunya hi ha una fam d’autoritat, un esperar Godot... i que els catalans tenen un esperit hamletià. Em sembla molt actual.

30 d’octubre 2020

Autoritat i autoritarisme













(Fragment de la Introducció)

L’autoritat està en crisi? Ho escoltem en llocs i àmbits ben diversos: l’autoritat dels pares i les mares en la família, la dels mestres en l’àmbit pedagògic, la dels metges i terapeutes en la seva pràctica clínica, la dels investigadors en el camp del saber científic, la de les jerarquies en les institucions religioses. I sobretot l’autoritat dels polítics en el món de la política. La política és avui el camp on les autoritats són posades més en qüestió, on sovint es fa ben difícil que siguin reconegudes —«No ens representen», diuen—  i on també es fa més difícil que es reconeguin entre elles —«No menteixi! Vostè no té autoritat per seguir governant». La desqualificació de l’autoritat de l’altre sembla avui el recurs més efectiu per menystenir-lo, per treure’l dels llocs del poder i també per negar-li finalment els drets més fonamentals. L’autoritat en crisi? De fet, si fem un repàs en la història, l’autoritat sempre ha estat en crisi, especialment quan ha de justificar en què s’autoritza, què la fa autoritat. Aleshores, quan l’autoritat defalleix, l’autoritarisme esdevé el símptoma d’un ús del poder que no pot respectar ja la singularitat de les persones. Quan desapareix l’autoritat i es degrada en l’ús del poder de la força, legal o física, desapareix el reconeixement mutu indispensable per conviure en una societat que es reconegui ella mateixa com a justa i veritablement democràtica. La democràcia, convertida en un joc de majories garantides només per la quantitat de vots obtinguts en eleccions, esdevé aleshores un sistema buit de contingut, un simple recurs retòric per un retorn de l’autoritarisme més subtil o més groller. «Democràcies autoritàries» en diuen ara, o també «democràcia sense política». Aquest recurs a l’autoritarisme es fa molt sovint en nom de la legalitat com a garantia darrera de l’autoritat, de l’ús del poder i de la força en el si dels propis sistemes democràtics. Constatem, però, que el recurs únic i constant a la legalitat alimenta encara més la crisi de la pròpia autoritat. 

El conflicte que estem vivint aquests darrers temps entre Catalunya i l’Estat espanyol és sens dubte paradigmàtic d’aquesta conjuntura. El recurs únic i constant a la legalitat per resoldre els conflictes polítics ha portat a un atzucac que no sembla tenir ja marxa enrere. Podem llegir-lo com un conflicte d’autoritats que no es poden reconèixer entre elles? En tot cas, el símptoma Catalunya, per anomenar-lo així, és ja un símptoma a Europa i planteja el problema de l’autoritat i de l’ús del poder a instàncies i nivells diversos. Aquesta conjuntura ha estat sens dubte un dels motius del nostre interès pel tema de la crisi de l’autoritat i de l’emergència de l’autoritarisme. És el fil vermell que travessa aquestes pàgines.

El cercle viciós entre autoritarisme i crisi d’autoritat —l’un es nodreix de l’altre, l’un és efecte de l’altre— ha estat senyalat a bastament per molts pensadors, especialment després de la Segona Gran Guerra, moment que va signar el declivi de les figures clàssiques de l’autoritat. Cal seguir el rastre d’alguns d’aquests pensadors a partir de la segona meitat del segle XX per entendre la conjuntura en la qual ens trobem actualment. Va ser també l’inici de l’època dels nous autoritarismes, des dels més implícits fins els més explícits, que avui creixen a l’empara de les democràcies formals occidentals amb una retòrica manllevada de la seva tradició més il·lustrada. Podem escoltar així un discurs xenòfob fins i tot en nom dels drets humans. L’autoritarisme no és aleshores incompatible ni amb l’Estat de dret ni amb un règim democràtic que pot sostenir-se prou bé com una democràcia d’amos que no arriben a conversar entre ells, cadascun en el seu feu. El discurs de l’autoritarisme no podria sostenir-se, però, sense les servituds voluntàries de parts de la població que troben en les figures de l’amo modern una assegurança contra la incertesa i la indeterminació inherents al malestar en la civilització. De cap altra manera pot explicar-se l’extensió creixent d’aquest nou discurs autoritari que travessa l’Occident, legitimat precisament en nom de la democràcia. L’autoritarisme és un fenomen que s’infiltra en el teixit social de maneres molt diverses i desapercebudes. Les seves arrels s’enfonsen en el més íntim de cada subjecte, en la seva relació amb els altres més propers i també en la relació de cadascú amb allò que és més desconegut en ell mateix. El ressort de l’autoritarisme és sempre inconscient, respon de fet a un moment crucial de la subjectivitat de la nostra època i cal escoltar-lo com un símptoma de la degradació dels lligams socials. No es pot entendre l’autoritarisme i el seu ús del poder en tots els àmbits sense entendre primer aquest ressort individual de l’autoritarisme. 

Quina és la lògica que mena la crisi d’autoritat i que acompanya, d’altra banda, el declivi que constatem en les nostres societats democràtiques? Què pot aportar avui la psicoanàlisi a l’àmbit de la política pel que fa a la noció d’autoritat i a l’ús del poder? Quines conseqüències podem extreure des de l’experiència de la psicoanàlisi, una experiència que és sempre individual, en els conflictes socials que es fan palesos en les societats anomenades democràtiques? L’extensió de la psicologia individual a l’àmbit social i polític ja fou prevista per Sigmund Freud, especialment al seu text titulat «Psicologia de les masses i anàlisi del Jo», principi d’una orientació que ha propiciat des d’aleshores desenvolupaments i contribucions de gran interès. La psicoanàlisi de Jacques Lacan en va reformular els fonaments i ens pot ajudar a actualitzar una anàlisi dels lligams socials i de l’autoritat que avui ens sembla indispensable per estar a l’altura de la subjectivitat de la nostra època, una subjectivitat cada cop més marcada per una crisi dels sistemes simbòlics, fets de llenguatge, en els quals tenen lloc aquests lligams.

[...]

Qui esperi fórmules inequívoques i de manual per respondre al problema actual de l’autoritat en crisi no cal que segueixi llegint. No em sento gens autoritzat a acompanyar-lo en l’elaboració del concepte i en l’experiència de l’autoritat. Qui esperi una construcció de les preguntes que he sabut fer-me des de la psicoanàlisi per tractar el problema de l’autoritat i de la seva crisi en les nostres societats, farà bé d’acompanyar-me. Segurament sabrà aleshores construir-se’n també les seves, de preguntes.