05 d’abril 2012

Confianza, depresión y "salud social"

Respuestas a Aida Acitores De la Cruz, redactora de Diario Palentino 

1) He estado leyendo algunos artículos de su blog y me parece muy interesante la idea de que la crisis actual no se puede explicar por estadísticas, sino por la transferencia y la confianza en el otro. ¿Es esa falta de confianza la clave de la "depresión" actual que, de algún modo, todos padecemos?

De hecho, son algunos economistas reconocidos, como Paul Krugman, los que han puesto todo el acento en la función que ha tenido, y sigue teniendo, la desconfianza recíproca en el desencadenamiento de la crisis actual. Fue en primer lugar una desconfianza entre los propios agentes económicos y bancarios que luego se extendió, como un reguero de pólvora, al conjunto de los vínculos políticos y sociales de manera global. La confianza en el otro es una variable subjetiva que no puede cuantificarse de ningún modo pero que determina, precisamente, todo cálculo colectivo, por muy objetivo que se quiera. Lo que así queda tocado, y en algunos casos "hundido" en la depresión, es la propia naturaleza del vínculo social y familiar.  

2) Habla también de la tiranía de las cifras y la obsesión de todos (sobre todo nosotros, los periodistas) por tratar de explicar la realidad con números, de cuantificarla. ¿Qué impacto tiene esa falta de humanidad y esa "objetivización" en la salud mental y emocional de la gente?

El sufrimiento psíquico es imposible de cuantificar como tal, no se deja atrapar por las cifras como si fuera la fiebre o el grado de una infección en el organismo. El imperativo "mide todo lo que sea medible y haz medible aquello que no lo es", —fue el ideal de Galileo—, es muy efectivo en otros campos pero fracasa absolutamente cuando se trata de definir y de tratar el sufrimiento de una persona que está deprimida o que sufre de alucinaciones, obsesiones o fobias. Tampoco se puede medir el amor o el deseo. Intentarlo es la mejor forma de empezar a ignorarlos. Y conduce a otro sufrimiento, siempre incuantificable. Hace falta una ciencia de lo que no es ni será nunca cuantificable.

3) Supongo que las causas más "claras" de que se extiendan patologías como la ansiedad, el estrés o la depresión son la falta de seguridad y perspectivas de futuro. ¿Es así? ¿Cabe la posibilidad de que surjan tendencias peligrosas de evasión? (Quizá mayor consumo de drogas, desobediencia al poder...)

No es necesariamente así, depende de cada sujeto en particular. A veces, es en una situación de extrema gravedad, incluso de guerra o de falta de recursos vitales, cuando el sujeto encuentra nuevos recursos para hacer frente a los malos encuentros y puede sentir la extrañeza de un nuevo deseo. Y, al revés, es conocido el fenómeno de la caída en una profunda depresión cuando el sujeto ha conseguido un ideal largamente esperado. También la angustia aparece en muchas ocasiones acompañando situaciones que parecerían ser muy placenteras. La relación que cada uno mantiene con la angustia y el deseo, como ya mostró Freud, es a veces muy paradójica.

4) A un largo plazo, ¿qué peligros conlleva para la "salud social" (si me permite la expresión) el hecho de que la juventud tenga que marcharse o, si se queda, deba renunciar a sus sueños y a su desarrollo personal y profesional? Personalmente entiendo que hay una generación (en la que me incluyo) que hemos sido educada en el argumento de que "si obtienes buenas notas de niño, conseguirás cualquier meta que te propongas de mayor".
¿Cómo se propone, desde el Psicoanálisis, reconducir ese estado de ánimo tan negativo?

El argumento que evoca es, en efecto, fuente de muchas desilusiones y falsas expectativas, y de hecho es finalmente independiente de la situación social. Sobre todo, cuando es el otro quien te fija esas metas y objetivos en la vida. He escuchado a suficientes sujetos que habían alcanzado las metas programadas por otro en su vida para entender el valor irreductible de la verdadera pregunta que escondía ese argumento: "Y tú, ¿qué quieres?" En todo caso, lo que produce efectos devastadores, desde la depresión a la más feroz angustia, es retroceder ante esa pregunta y a las respuestas que cada uno debe saber darle. El psicoanálisis puede ayudar a cada sujeto a encontrar su propia respuesta, sin tener ninguna prefabricada. El psicoanalista Jacques Lacan lo indicaba con una pregunta un tanto enigmática: "Y tú, ¿quieres lo que deseas?" ¿Queremos hacernos cargo, responsabilizarnos cada uno, de lo que deseamos, a veces sin saberlo?

14 de març 2012

Pablito et La Gioconda











Pablito — « Petit Paul », c’est ainsi qu’on a désigné cet appareil high-tech, une sorte d’androïde qui est aujourd’hui disposé en face du fameux tableau du Gernika de Pablo Picasso dans le Museo de Arte Reina Sofía de Madrid. Comme un voyeur nocturne et permanent du désastre, Pablito ne cesse de regarder chaque millimètre carré du tableau pour composer son « image totale » à partir des prises d’images partielles digitalisées, 24.000 pour chacune des cinq séries — deux en infrarouges, une en ultraviolette, une autre en lumière visible, une dernière multi spectrale. Voici donc le dernier cri de la science pour tenter de révéler les secrets de l’autre cri, celui-ci plus muet encore, qui traverse l’horreur de la scène chiffrée par Pablo Picasso dans sa peinture. On sait que Picasso lui-même avait insisté pour ne rien dire d’un supposé symbolisme des images du tableau ou bien de sa référence, plus ou moins implicite, aux événements de la réalité d’une guerre qui a marqué l’histoire de l’Espagne. Le Gernika est ce qu’il est, comme le Dieu biblique, devenu symbole de toutes les guerres et de tous les désastres que la pulsion de mort nous présentifie dans la contemporanéité. Mais Pablito, lui, ne le sait pas. Chaque nuit, quand tous les visiteurs et les fonctionnaires du musée sont déjà partis chez eux, Pablito reste là pour reprendre sa tâche précise avec la recollection constante des données qui seront soigneusement analysées à la recherche de toutes les blessures, de tous les gestes et de leurs modifications, de tous les avatars qui ont marqué la vie de la toile et ses pigments dès sa naissance. C’est ainsi, on suppose, qu’on pourra déchiffrer les secrets qui sont restés cachés à tous les regards des observateurs jusqu’à aujourd’hui dans la toile. On espère que l’information que Pablito nous offrira, dûment élaborée, sera cruciale pour suivre l’analyse la plus détaillée et jamais faite du tableau. L’idée n’est pas seulement d’analyser l’histoire « matérielle » du Gernika mais d’arriver à disposer presque d’un clone de celui-ci, d’une image digitalisée jusqu’au dernier détail, jusqu’à la dernière particule. Il ne s’agit donc pas d’une simple reproduction du tableau ou de sa meilleure photographie possible. C’est le projet d’en faire un mapping total, —tel qu’on essaye de le faire avec le cerveau avec les techniques de neuroimaging—, c’est l’essai de répéter son image réelle dans une image digitalisée qui puisse se comporter comme la première mais en dehors du temps qui lui a fait subir ses érosions.
Tel le rêve —ou plutôt le cauchemar— que les neurosciences actuelles pensent réaliser en interprétant le sujet de notre temps à partir de l’imagerie par résonance magnétique du cerveau. Donc, la techno-science tente ainsi de transformer le Gernika original, -dont tous les diagnostics indiquent aujourd’hui qu’il est en très mauvaise santé-, en une sorte de portrait de Dorian Gray à l’égard de son double digitalisé. Et celui-ci sera alors un portrait plus réel, qui ne vieillira jamais, un double qui deviendra alors le vrai original, son être vrai qui traversera le temps, les guerres et les désastres avec une allure toujours fraîche et renouvelée ! Et Pablito —dix mètres de large, cinq de haut, 1.560 kilos— en sera, sinon le père, du moins le propitiateur virtuel, le générateur technique qui d’ailleurs va nous permettre de naviguer par tous ses coins et ses reliefs. Bonne nouvelle donc — le réel de l’image viendra à la place de l’image réelle du tableau pour nous révéler son essence finale avec une exactitude scientifique, comme la figure d’un Autre de l’Autre qui cesserait de ne pas exister, comme le sens le plus vrai et original de tous les Gernika qui sont disséminés dans le monde.

Un Autre de l’Autre ? Quelle ironie ! Justement ces jours-ci, la figure presque héroïque du juge Baltasar Garzón vient incroyablement d’être démise de ses fonctions en Espagne pour onze ans, par un tribunal dont malheureusement il n’a pu récuser la composition auprès du Tribunal Suprême, le tribunal des tribunaux espagnols. Justement ces jours-ci, les banques, dans un coup d’état bancaire de dimensions européennes, exécutent des hypothèques à un rythme infernal, des hypothèques qui tombent du ciel comme des bombes sur la population civile pour démolir ses logements. Justement ces jours-ci, les semblants qui ont plus ou moins tenu dans la difficile transition du franquisme à la démocratie — celui de la monarchie d’abord— sont en train de montrer ses fentes et ses blessures sans rémission possible.
Bien sûr, la principale mission de Pablito, très utile, est d’offrir un aperçu le plus précis possible de l’état actuel d’un tableau qui, déjà à l’époque de son auteur, ne supportait pas très bien les voyages et les déplacements. Mais la spéculation scientiste s’est déjà lancée sur les nouvelles interprétations qui seront à découvrir sur le sens le plus intime de Pablo Picasso au moment de s’engager dans la réalisation du tableau. Dans cette perspective, Pablito, lui, reprend patiemment chaque nuit sa lecture aveugle et illettrée du Gernika de Pablo Picasso, comme un géant du savoir oraculaire qui nous dira un jour la vérité sur sa vérité...

Mais, attention, un peu plus loin que le Museo de Arte Reina Sofía, dans la même ville de Madrid, dans le noble Museo del Prado et dans une frappante synchronisation avec le précis travail de Pablito, on vient de découvrir un autre clone qui n’a pas eu besoin du même Pablito pour voir le jour. Selon les spécialistes, il serait l’une des plus importantes découvertes de l’histoire de l’art. Il s’agit de l’Autre Gioconda, la Gioconda de El Prado qui a été redécouverte avec grande surprise dans ses dépôts. On la connaissait déjà, il est vrai, elle avait été même exposée dans les galeries du musée, mais on n’avait pas remarqué le savoir qu’elle avait caché plus de cinq-cents ans durant aux yeux de tous sur la vérité de la Gioconda. L’une, celle du Louvre. La vraie Mona Lisa, comme on la nomme déjà en Espagne avec un certain optimisme, l’Autre de la Gioconda, aurait été peinte par un disciple de Leonardo da Vinci dans le même atelier du maître, devant le même modèle et au même moment que l’original, seulement avec un petit changement de perspective qu’on a pu arriver à repérer dans la comparaison précise des deux tableaux. La découverte a été faite per via di levare, c’est-à-dire en retirant les couches de peinture noire qui avaient été déposées -en raison du goût de l’époque - deux-cents ans plus tard sur le paysage, un paysage du nord de l’Italie, qui fait le fond du fameux portrait. « C’est un paysage extraordinairement similaire à l’original », remarque le chef du Département de Peinture Italienne de la Renaissance du Musée de El Prado, Monsieur Falomir, —attention au nom qui évoque, en espagnol, le regard du phallus—, un paysage qui est resté beaucoup mieux conservé, ainsi que dans les autres parties du tableau, dans la copie que dans l’original.
L’original ? Mais où est donc ici l’Une et où est l’Autre de l’Autre ? Parce que, — première découverte—, la Gioconda de El Prado n’est pas une copie, une de plus de celles qui se sont multipliées partout dans le monde, mais un original, un second original si l’on veut mais aussi original que l’Autre, l’Une à qui elle peut disputer maintenant son originalité pour la faire devenir, à son tour, Autre... pour elle même. La Gioconda de El Prado, beaucoup mieux conservée par les couches de peinture qui l’ont gardée des blessures du temps, permet de voir une femme, —seconde découverte—, beaucoup plus jeune que celle du Louvre, pas plus de vingt ans d’un côté, contre trente- cinq environ de l’autre. On l’a remarqué, Lisa Gherardini, l’épouse du riche marchand florentin nommé Francesco del Giocondo, pourrait être fille d’elle même en tenant compte des deux portraits faits au même moment. La Gioconda de El Prado garde ses sourcils intacts, ainsi que sa peau pas encore fendue par le pas du temps. Ici aussi, l’original devient une sorte de Dorian Grey par la présence d’une copie qui la fait devenir distincte d’elle-même, sujet divisé en fin.
Donc, enseignement pour la psychanalyse et au-delà — il n’est pas besoin de Pablito pour faire apparaître ce sujet divisé, entre la douleur, la jouissance et la femme, dans notre monde contemporain, dans ce siècle où l’ordre symbolique n’est plus, il est vrai, ce qu’il était, ce qu’il avait été, toujours, distinct de lui-même.


26 de febrer 2012

La degradación de la palabra y sus consecuencias políticas, económicas y sociales


















“PSICOANÁLISIS Y CIVILIZACIÓN”
(México, Radio Zacatecas, jueves de 7 a 8pm)
Un espacio para la gran conversación

Entrevista a Miquel Bassols por Aldo Ávila

Aldo Ávila: “Psicoanálisis y Civilización, un espacio para la gran conversación” es un programa que se transmite por Radio Zacatecas, y tiene como propósito intentar aterrizar a través de éste medio de comunicación, el encuentro vivo y sus consecuencias entre el discurso del psicoanálisis y las diferentes manifestaciones culturales de la civilización, la premisa para establecer tal conversación son los 5 ejes propuestos por Eric Laurent: la ética, estética, lógica, política y biología,  que nos permiten abrir el dialogo tanto con psicoanalistas, como con artistas, filósofos, músicos, políticos, etc. Hoy tenemos la oportunidad de entrevistarlo a usted, Doctor Miquel Bassols, para que nos pudiera comentar algo al respecto, y sobretodo su trabajo, al menos el título de  ”El psicoanálisis explicado a los medios  de comunicación”, que en nosotros tal cual, toca a nuestro propósito expresado a través de este medio, de dar a conocer algunas tesis del psicoanálisis en relación a la episteme y sus consecuencias en otros campos, como el político y ético, en los puntos coyunturales que tenemos hoy en día. Es un gusto pues tener esta oportunidad y le cedo la palabra.

Miquel Bassols: El gusto es para mí de poder conversar con vosotros sobre estas cuestiones; es cierto que cuando apareció una polémica en los medios de comunicación en España, ya hace años, intervine con algunas palabras, y a partir de ahí, fue Jacques Alain-Miller quien me sugirió escribir un libro titulado: “El psicoanálisis explicado a los medios de comunicación” porque había la necesidad de transmitir realmente la posición ética del psicoanálisis  -en un debate que se continúa actualmente en España y en el medio internacional- sobre, yo diría, la dimensión ética del sujeto de nuestro tiempo.
Ayer hablaba un poco de esto en el seminario, cuando comentábamos el testimonio de los “indignados” en España, quienes dicen: hay una degradación del uso de la palabra, una degradación del lenguaje, hay un desgaste de los discursos especialmente políticos, y esto afecta a la subjetividad de nuestra época de una manera decisiva ¡Se está viendo en muchos registros!
Respecto a la corrupción, no es un problema simplemente económico, es un problema de lo económico dentro de un mundo simbólico en el que la degradación de la palabra es cada vez mayor, donde cada vez es más difícil movilizar, producir efectos reales, a través de un uso claro y adecuado de la palabra; ¡más bien es al revés, el lenguaje a veces nos lleva sin saber a dónde vamos! Y ahí, en efecto, el psicoanálisis tiene mucho que decir, que  explicar, especialmente a los medios de comunicación, que son uno de los agentes fundamentales del uso de la palabra en nuestro mundo, y a ellos debemos saber explicar la importancia del efecto subjetivo del lenguaje.
Vivimos a través de las metáforas, eso ya muchos lingüistas, incluso de orientaciones no estructuralistas o no vinculados al psicoanálisis, lo advirtieron y lo siguen advirtiendo, vivimos y experimentamos la realidad en la que vivimos a través de las metáforas del lenguaje que nos gobiernan. Los mismos gobiernos del mundo están gobernados por esas metáforas del lenguaje; entonces es urgente, pero urgente en el sentido ético de la palabra, como tú señalabas, que hagamos una verdadera reflexión sobre qué lenguaje nos está arrastrando a ciertas consecuencias políticas, sociales y económicas, de las que no somos conscientes, y ahí es donde el concepto de inconsciente que el psicoanálisis descubre y elabora, es fundamental para entender esa dimensión. ¿Cómo hacer eso? Bueno, nosotros los psicoanalistas lo hacemos en el uno por uno de la consulta en la clínica diaria, donde los sujetos nos vienen a explicar cómo sufren esa relación con el lenguaje, en sus síntomas y malestares. Pero el psicoanálisis debe también operar -no de la misma manera que opera en la clínica, pero sí con su discurso- en la contemporaneidad, para hacer aparecer esa potencia del lenguaje y analizar sus efectos en la actualidad.

Aldo Ávila: ¿Es conveniente para el Campo Freudiano abrir este tipo de espacios?, por un lado; por otro, siempre está ese fantasma, que nosotros al menos intentamos aminorar, de si el psicoanálisis es para todos. El auditorio, a veces puede quedarse con la impresión de que: “pues es que no sigo o no puedo entender muchas cosas, aunque algunas si las pesco” queremos pues, sacar al discurso del psicoanálisis de ahí donde la cultura a veces lo quiere encajonar, me refiero al discurso universitario. Finalmente la duda es ¿Qué tanto conviene a psicoanalistas y personas en general, escuchar a través de la radio, la posición del psicoanálisis en los momentos actuales?

Miquel Bassols: ¡No solo es conveniente, yo diría que es absolutamente necesario! para los psicoanalistas primero, pero también para el resto de la gente enterarse de un hecho de la civilización tan importante, como es el psicoanálisis. En lo que llamamos el Campo Freudiano, abierto y fundado por Jacques Lacan, especialmente durante las últimas dos décadas, ha sido importantísima la serie de encuentros que se han organizado, por ejemplo, a través de los Foros, con la vida política, artística, la vida literaria, pero sobre todo con su incidencia en la política real. No hay que olvidar que el movimiento de los Foros fue impulsado por Jacques Alain-Miller hace ya más de unos seis, siete u ocho años en París y ha producido, a través justamente de éste encuentro del discurso del psicoanálisis con el Otro social, la modificación de leyes en el gobierno francés ¡hasta ese punto es importante que el discurso del psicoanálisis tenga incidencia en lo social y en lo político! No solo es conveniente, es absolutamente necesario, me parece, que actualmente un discurso como el del psicoanálisis, acompañado de otros como el del arte, el de la ciencia, la literatura, el de la política, creen espacios, foros de este tipo, donde se puedan realmente movilizar los discursos actuales de una manera seria; lo digo porque creo que los políticos han llegado a un punto límite, creo que realmente se encuentran con graves dificultades ¡en Europa eso es patente! pero también creo que se ve en otros lugares, que el discurso político está en un momento de gran dificultad para realmente poder aglutinar las movilizaciones que se producen; el movimiento de los indignados ha sido uno de los movimientos que en Europa, en España especialmente, ha generado una movilización que era inédita hasta hace un tiempo, y los políticos mismos se han visto sobrepasados por ellos, justamente esos “indignados” son los que vienen a decirnos que los lenguajes se están desgastando, las palabras se están desgastando y tenemos que revitalizar su uso en la calle, no únicamente en los partidos políticos, donde más bien se recibe eso como un efecto pasivo. Entonces esos foros son fundamentales, yo te diría que la palabra conveniente es poco, ahora estamos en un momento de urgencia subjetiva, el sujeto de nuestro tiempo está urgido para recuperar su palabra, el valor y el poder de las palabras, en tanto el discurso de la política lo está perdiendo un día tras otro en una verdadera hemorragia libidinal, los políticos mismos están sufriendo, subjetivamente, en sus carnes, esos efectos; podríamos hablar de casos concretos, muy concretos de personalidades políticas que están bajo el efecto de ese “pathos” del lenguaje.
¿Cómo crear estos espacios, estos foros? El campo freudiano los esta generando en muchos lugares, en España tuvimos hace poco un foro dedicado justamente a “Lo que la evaluación silencia” a propósito del autismo y de otros problemas clínicos, que movilizó a gente tan diversa como políticos, literatos, clínicos, científicos, y que ha producido verdaderamente un discurso que moviliza y modifica las cosas.

Aldo Ávila: Otra de las preguntas fundamentales que tiene el auditorio y me imagino que no solamente el de Zacatecas, sino de México, es sobre la relevancia de insistir en una “orientación lacaniana” en su diferencia a las propuestas de las neurociencias o psicoterapias. En estos momentos de necesidad, de urgencia, donde los semblantes que se utilizan: que refieren  velocidad y precisión, de  exactitud en cuanto a las modificaciones que se demandan actualmente; a veces queda un poco opaco lo específico y lo efectivo de lo que significa la orientación lacaniana, ¿qué nos diría al respecto?

Miquel Bassols: Es cierto, habría que insistir en que la orientación lacaniana del psicoanálisis ha sido precisamente una orientación que ha puesto siempre al frente la cuestión de la política. Fue Jacques Lacan quien dijo que el psicoanálisis debería de estar al frente de la política, pero no, diríamos, para vestirse de político, sino para mostrar que hay una política que Lacan llama ”la política del síntoma”, que es la política del malestar subjetivo, que está diciendo muchas más cosas de las que a veces se pueden escuchar desde otras perspectivas. Es cierto que en las neurociencias mismas hay hoy una gran división, yo diría que hay una vertiente más cientificista que apuesta por cosas como el neuromarketing  por ejemplo, o con una versión diríamos reduccionista del sujeto; pero hay otra, de las ciencias y las neurociencias, que se salen de esa  versión tan reduccionista, para introducir un dialogo muy fecundo con disciplinas como el psicoanálisis, y ahí es donde hay un campo también muy interesante para la política misma del psicoanálisis, del mundo actual, de conversación y de diálogo con parte de la ciencia que está dándose cuenta de que el objetivismo positivista que supuestamente debía salvarnos es el que nos está hundiendo en la miseria, en fin. La economía ¡hablemos de la economía! hablemos de la gran perspectiva de la economía objetivista que calculaba todo con sus parámetros estadísticos y nos está llevando a un desastre absoluto por no percibir que lo importante no era eso, sino la confidence, es decir la confianza del sujeto en el otro; la crisis actual económica no se puede explicar por estadísticas, hay que explicarla por lo que los analistas llamamos la transferencia, es decir, la confianza en el Otro.
Finalmente los grandes cientificistas de la economía se han dado cuenta de que la confidence es lo que realmente esta movilizando la crisis económica actual ¡por supuesto! pero para eso hay que despertarse y salir de ese sueño absolutamente loco, esa pesadilla más que un sueño de la razón, que engendra monstruos como decía Goya, y que es la idea absolutamente loca de que podemos conducir el mundo según el positivismo de las cifras y de lo cuantificable. Esa es una locura delirante que parte de la ciencia ha pensado que era posible, no solo posible sino necesario. Hoy cada vez hay más economistas que están diciendo que esa es una locura de la razón, Paul Krugman por ejemplo, es alguien que se ha dado cuenta y está indicando que el delirio cientificista está detrás de toda esta política neoliberal que está llevando al desastre a Europa, pero también al resto del mundo porque es un efecto domino. Ahí hay algo que el psicoanálisis puede aportar de manera decisiva y es la importancia del sujeto no calculable, de la transferencia, del sujeto pulsional, del goce, de la economía del goce, son nociones derivadas de la orientación lacaniana que están sirviendo para reorientar ciertos debates, que siguiendo solo la vía cientificista llegan a un impasse radical.

Alexandro Simancas: Retomando de su seminario  Miquel Bassols, la distinción que usted hace respecto a lo que es autoridad y lo que es el uso y abuso del poder, le pregunto si ¿es ahí donde incidiría entonces, básicamente, la acción de la llamada izquierda lacaniana; qué le diría al auditorio, a los mexicanos que este año vamos a elegir a un nuevo presidente, y enfrentamos que el desgaste de los discursos políticos es enorme, pero al mismo tiempo, no podemos quedarnos sin hacer nada?

Miquel Bassols : Esa expresión de “izquierda lacaniana” me resuena por un trabajo que mi colega Jorge Alemán está realizando en esta dimensión, la de elaborar una política lacaniana en esta perspectiva; aunque esto no es un tema simple, hay que estudiar bien las formas en las que se puede incidir, pero una de las que tu señalas y que en efecto yo había comentando en el seminario es fundamental: la diferencia entre uso del poder y autorización en la palabra. Quizá sea una idea que Lacan tuvo respecto a la práctica analítica pero que podemos traducir actualmente en el problema de la cuestión política “cuanta menos autoridad tiene el sujeto hoy en día, más uso del poder debe hacer, y a la vez, cuanto más uso del poder hacemos quiere decir que menos autoridad tenemos” ¿Cómo recuperamos la autoridad de la palabra en lo simbólico? Esa sería la operación y la pregunta fundamental que el psicoanálisis puede aportar a la política actual y a los políticos. ¿Por qué hay que utilizar tanto el poder, un uso del poder a veces absolutamente denigrante para el sujeto? y ¿Cuanto podemos utilizar la autoridad de la palabra, para tener que utilizar menos las estrategias del poder, que siempre son degradantes y alienantes? Bien, mi pregunta fuerte a la izquierda, a la izquierda internacional sería: ¿Cómo hemos cedido en el discurso para encontrarnos ahora en un impasse, respecto al uso del poder? Creo que el sujeto del lenguaje debería recuperar parte de su autoridad para poder ir a contracorriente de la estrategia del poder, que ya Michael Foucault mostró como inherente a toda "biopolítica"; eso está por hacer, ese debate está por hacer, yo creo que es un debate que tanto la izquierda como la derecha deberían poder llevar adelante, pero es cierto que ha sido generalmente la izquierda la más sensible a esa dimensión, mientras que para la derecha la cuestión ha sido más colateral, más banal. Hay que contrabalancear los abusos del poder que cada vez estamos sufriendo en más lugares, porque eso es global. Como decía un humorista español que siempre me ha interesado, se llama “El Roto”: “estamos aumentando las estrategias del poder y del control de tal manera que: por razones de seguridad, ya no hay seguirdad”.

Aldo Ávila: Ha sido un gusto y un honor tenerlo en México, por supuesto lo invitamos la próxima vez a Zacatecas, México es muy grande y  necesita mucho trabajo psicoanalítico, le agradecemos la entrevista.

Versión escrita para Radar

*Agradezco a Aldo Avila su permiso para publicar en este Blog la transcripción de la entrevista que me realizaron, él y sus colegas del programa "Psicoanálisis y Civilización", en México D.F. el sábado 11 de Febrero de 2012. 
M.B.

21 de febrer 2012

Tratamientos del autismo II


Reproduzco Comunicado de la Asociación TEAdir que da continuación a la "Petición..." del post anterior. MB

COMUNICADO  
  
La Asociación TEAdir, de padres, madres y familiares de personas con TEA - Trastorno del Espectro Autista (Autismos y Síndromes de Asperger), 
— ante los violentos ataques de los que el psicoanálisis está siendo objeto en Francia y en España, que tienen como objetivo claro minimizar su utilidad y eficacia para el tratamiento del autismo, 
— ante la reciente aparición en prensa de artículos pretendidamente de opinión, así como de un documental  supuestamente periodístico, que se suman a una campaña orquestada de desprestigio del psicoanálisis y de todos aquellos profesionales que orientan su quehacer profesional diario en él,

DECLARAMOS:
· Los padres de niños con autismo son personas que sufren y que acuden a profesionales diversos para que ayuden a sus hijos, principalmente, pero también a ellos y a sus familias.
· Los padres encuentran ayuda en profesionales diversos y de orientaciones distintas.
· Los padres necesitan muchas veces hacer su propio recorrido, desde el momento en que perciben con inquietud lo que les pasa a sus hijos hasta el momento en que encuentran los profesionales en los que confiar. Para ajustar esa confianza a veces conviene hacer varios recorridos.
· Algunos padres hemos encontrado un apoyo muy importante para nosotros y para nuestros hijos en profesionales de orientación psicoanalítica. Respetamos profundamente a los que han encontrado ese mismo apoyo en profesionales de otras orientaciones.
· En general nuestra experiencia nos dice que la comunidad de personas que convive con el autismo son gente respetuosa y pacífica; pero también que nuestro sufrimiento nos hace vulnerables.
· Entendemos que esta guerra abierta no está liderada por quienes respetan la amplia, diversa y compleja comunidad de las personas que convivimos con el autismo las 24 horas del día.
· No sabemos a quién, a quiénes o a qué benefician estos ataques violentos, pero como padres de niños con autismo entendemos que de ninguna manera a nosotros y a nuestras familias.
· Tener que defender con urgencia lo que algunos padres creemos que ha servido y sirve para nuestros hijos y para nosotros mismos, ante la amenaza de que otros lo dinamiten con la voluntad de que no quede ni rastro de ello, nos hace perder un tiempo precioso que querríamos dedicar a la mejora de la atención de las personas con TEA y sus familias.

SOLICITAMOS:
A los medios de comunicación, a los políticos, a las asociaciones profesionales, al resto de colectivos de padres, y a la sociedad en general:
· que NO se utilice el sintagma “padres de niños autistas” para legitimar batallas que algunos padres, que merecemos todo el respeto, no compartimos ni por su fondo ni por su forma.
· que se respete y no se vulnere el derecho a la libertad de elección propia de un mundo democrático y de una Europa solidaria que no queremos ver desaparecer.

En Barcelona, a 21 de febrero de 2012

Asociación TEAdir (CIF- G55073613)

16 de febrer 2012

Tratamientos del autismo











PETICIÓN INTERNACIONAL PARA EL ABORDAJE CLÍNICO DEL AUTISMO
  
A iniciativa del Instituto Psicoanalítico del Niño
(Universidad Popular Jacques-Lacan) 

Las asociacioneslos profesionales implicados en la acogida, el cuidado y el acompañamiento de los sujetos autistas, los padres cuyos hijos son acogidos en estructuras médicas o médico-sociales, los ciudadanos implicados, ya sean o no franceses, firmantes todos de esta petición:

— piden que el psicoanálisis, sus investigaciones y sus practicantes, dejen de ser difamados por alegaciones destinadas a desconsiderarlos;

— desean que los poderes públicos tengan en cuenta la preocupación legítima de las familias, sin descuidar por ello el trabajo que, desde hace décadas, llevan a cabo los equipos de profesionales con niños y adultos autistas en el marco de la red de salud mental, de las consultas privadas, de las instituciones médico-sociales. Dicho trabajo se beneficia, en un gran número de casos, de la formación psicoanalítica de los practicantes;

— desean que la inquietud de las familias no sea explotada para designar a chivos expiatorios ni denigrar a profesionales implicados en promover las instituciones y las prácticas que garantizan que el niño y su familia sean respetados en el momento subjetivo que les es propio;

— consideran que en Francia, la representación nacional sabrá, con su saber hacer, evitar pronunciarse sobre un problema de salud pública que, lejos de haber sido descuidado, está siendo tomado en consideración desde hace tiempo;

— requieren que se ponga en marcha un plan capaz de asegurar los medios humanos y estructurales necesarios para la prosecución de los cuidados y del acompañamiento educativo que precisa la situación singular de cada niño y adulto que sufra de autismo.



LOS 21 PRIMEROS FIRMANTES

1 – Pr. François ANSERMET, Profesor de psiquiatría del niño y del adolescente en la Facultad de Medicina de la Universidad de Ginebra, Director del Servicio de Psiquiatría del niño y del adolescente en el Hospital Universitario de Ginebra, director del Departamento Universitario de Psiquiatría;
2 - Pr Guy BRIOLE, ex-director del Servicio de Psiquiatría del Hospital de Val-de-Grâce, Presidente de la Association des Agrégés de l'École du Val-de-Grâce ;
3 - Pr Jean-Claude MALEVAL, Profesor de Psicología Clínica de la Universidad de Rennes 2 ;
4 - Pr Laurent OTTAVI, Profesor de Psicopatología Clínica, Director del Laboratorio Universitario multipuesto de investigaciones  Psychopathologie, nouveaux symptômes et lien social, EA 40504 ;
5 - Dr Yves-Claude STAVY, Director de Servicio, Director del “Pôle de psychiatrie infanto juvénile à l'EPS de Ville-Evrard” ;
6- Dr Jean-Daniel MATET, psiquiatra, praticien hospitalier honoraire, Presidente de la Ecole de la Cause freudienne ;
7 – M. Leonardo GOROSTIZA, Presidente de la AMP (Asociación Mundial de Psicoanálisis);
8 – M. Éric LAURENT, ex Presidente de la AMP ;
9 - Dr Alexandre STEVENS, psiquiatra, Director terapéutico de Le Courtil, Tournai (Belgique), docente en Formation continue de l’Université Libre de Bruxelles ;
10 - Dr. Fabien GRASSER, psiquiatra en Hospital, responsable de la Unité clinique Jacques-Lacan, Secteur de psychiatrie 91 G 11 ;
11 - Dr. Armand ZALOSZYC, psiquiatra, ancien interne des Hôpitaux Psychiatriques d’Alsace, praticien attaché des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, médecin coordinateur de synthèse au Centre médico-psycho-pédagogique de Strasbourg ;
12 – Dr. Agnès AFLALO, médico director del CMP Croix-Rouge ;
13 - Dr François LEGUIL, psiquiatra, ancien praticien hospitalier à l’Hôpital Sainte-Anne (Paris), ancien attaché des Hôpitaux de Paris, membre titulaire de l’Evolution Psychiatrique ;
14 - Dr. Luis SOLANO, ancien praticien attaché à Sainte-Anne, Médecin Coordonateur du Pole des ITEP (94000 et 77000) de l'UGECAMIF ;
15 - Dr Jean-Robert RABANEL, psiquiatra, responsable terapéutico de CTR Nonette ;
16 - Mme Cynthia FLEURY, escritora y filósofa;
17 - Mme Blandine KRIEGEL, filósofa;
18 - M. Alexandre ADLER, escritora, editorialista de Le Figaro ;
19 - Mme Fabienne SERVAN-SCHREIBER, productora;
20 - Mme Judith MILLER, Presidente de la Association de la Fondation du Champ freudien ;
21 - Dr Daniel ROY, psiquiatra, praticien attaché au CH de Cadillac - CMP de Bordeaux.


LAS TRES PRIMERAS INSTITUCIONES FIRMANTES

1 - Institut psychanalytique de l’Enfant
2 - École de la Cause freudienne
3 - Association des Psychologues Freudiens

٠ La petición puede firmarse por Internet en la Web de Lacan Quotidien clicando aquí٠

04 de febrer 2012

Lo real del psicoanálisis



1) La propia idea de que el orden simbólico ya no es lo que era proviene, de hecho, de un efecto de lo simbólico del lenguaje sobre nosotros mismos.* Es un efecto de sentido que, por lo tanto, no debería tener nada en sí mismo de irreversible. Solo desde el registro de lo simbólico puede darse la experiencia de un tiempo subjetivo que nos permita representarnos un pasado, un presente y un futuro, y encontrar así las diferencias en el tiempo, encontrar a faltar o a sobrar el motivo de esta diferencia, —”ya no es lo que era”—, ya sea dicho con un sentimiento más o menos imaginario de la pérdida o de la ganancia de un goce.
Estamos, pues, ante una paradoja: es únicamente desde lo simbólico en el siglo XXI como podemos decir que lo simbólico ya no es lo que era. Y podríamos preguntarnos con razón si esta afirmación no estaba de algún modo ya presente en lo simbólico del siglo XX, —con la irrupción de un postmodernismo que se pensaba como el final de la historia—, o en lo simbólico del siglo XIX, —con el romanticismo melancolizante de un clasicismo perdido e imposible de recuperar—, o en lo simbólico del siglo XVII, —con el barroco que cambió, con el nacimiento de la ciencia, la visión renacentista de la realidad—, hasta en lo simbólico de los siglos VII al IV antes de Cristo —cuando la noción pre-socrática de la verdad iluminó lo real con el relámpago de la aletheia, del desvelamiento de la palabra, tal vez ya imposible de recuperar según el filósofo—.
Aunque también podría argumentarse que la noción de lo simbólico, tal como la utilizamos en esta expresión, se refiere a una perspectiva y a una experiencia que solo puede tomar cuerpo a partir de la enseñanza de Lacan, a partir del momento en que el propio Lacan nombra el registro de lo simbólico para diferenciarlo de lo imaginario y de lo real. Podríamos sostener entonces que con este acto de nominación de los tres registros se produce algo profundamente real e irreversible, un acto de invención que se realiza con un anudamiento y que demuestra a estos tres registros solidarios y a la vez equivalentes, dispuestos en una continuidad. Por mi parte, me parecería una vía más lacaniana de abordar el problema, más lejos de los espejismos imaginarios inducidos por lo simbólico del sentido del lenguaje. Con lo simbólico, hay que ir con cuidado: imposible pensar el lenguaje desde el propio lenguaje, menos todavía desde algún supuesto lugar exterior a él. Es el error de perspectiva propio de la psicología de nuestro tiempo, una psicología que sigue siendo lo que era, es decir, como indicaba Lacan en su Seminario XXIII, “la imagen confusa que tenemos de nuestro propio cuerpo”[1].

2) De lo real, por su parte, ¿podríamos decir en algún momento que “ya no es lo que era”? Nada menos cierto. Lo real es siempre idéntico a sí mismo, vuelve siempre al mismo lugar hasta el punto de confundirse con él, de llevar ese lugar pegado a la suela sin poder dejarlo nunca. De ahí su valor traumático, fuera del tiempo, tal como Freud lo descubrió bajo el velo del fantasma, como algo irreversible en la experiencia subjetiva y sin posibilidad de una realización simbólica, sin una imagen posible que llegue a reproducirlo también de manera fija. No hay fotografía ni escáner posible de lo real. La sexualidad y la muerte siguen siendo los dos ejes de coordenadas mayores con los que el sujeto intenta localizar en el discurso ese agujero negro de su universo particular, aquello que no cesa de no escribirse, de no representarse en él y que llamamos lo real. De ahí que Lacan lo igualara a lo imposible lógico. Lo real es lo imposible en la medida que no puede llegar a simbolizarse ni a imaginarizarse, que no cesa de no escribirse en los otros dos registros. Si lo real es siempre el que es, si no cesa de no escribirse fuera de toda temporalidad cronológica y solo puede aprehenderse como un imposible lógico, parecería difícil entonces proponer un Congreso con un tema así: “El orden real en el siglo XXI. No es más lo que era. ¿Qué consecuencias para la cura?”
Y, sin embargo, la pregunta no nos parecería tan ociosa si tenemos en cuenta la afirmación de Lacan, realmente increíble, fechada como conviene en 1976: “Yo he inventado lo que se escribe como lo real”.[2] Lo real, al decir de Lacan, es pues también una invención, una invención que lleva su nombre y que además puede llegar a escribirse gracias a esa invención. Otra paradoja, pero esta es una paradoja que tal vez pueda aclararnos la anterior, la que no nos dejaba ninguna salida desde dentro del registro de lo simbólico para abordar algo de lo real, sin exterior posible. La invención lacaniana sería entonces la posibilidad, la contingencia más bien, por la que lo real del inconsciente cesa de no escribirse. Es la posibilidad de un encuentro contingente, de la tyché, para atrapar algo de lo real en un tropezón, sin embargo, siempre fallido.
La transferencia, el amor de transferencia y su relación con el saber del inconsciente, es, en efecto, una contingencia de este orden, la que el psicoanálisis sostiene como la consecuencia mayor para cada cura. Pero es una contingencia que requiere, cada vez, de una invención del analista, de una invención cada vez nueva, que nunca será igual a la anterior.

3) Volvamos desde ahí al titulo de esta intervención: lo real del psicoanálisis. Diré para abreviar que es un real distinto a lo real de la ciencia moderna, un real donde ya todo parece escrito, ya sea en el gen o en la neurona, como el único saber del destino del sujeto de nuestro tiempo. Lo real del psicoanálisis es también un real distinto a lo real que el arte intenta atrapar con su saber hacer, con el saber hacer de la letra especialmente. Esta pasada semana hemos tenido el gusto y la oportunidad de dejarnos enseñar al respecto por el arte de Perejaume con las letras de su “Màquina d’alè” que hemos presentado en La Pedrera.
Lo real del psicoanálisis, el del inconsciente real, comparte algunas letras, por decirlo así, con uno y otro, con lo real de la ciencia y con el del arte, entre uno y otro. Pero solo se deja atrapar en uno y en otro como un real en lo simbólico del lenguaje. Este es el descubrimiento del psicoanálisis freudiano del que Lacan hizo su invención: hay un real en el lenguaje, un real vehiculizado por el lenguaje que la ciencia encuentra en el número y que el arte aborda con la letra. 
Cuando Lacan se encontró en los años setenta con Noam Chomsky en los Estados Unidos, tuvo el cuidado de responder de forma radical a la pretensión científica del lingüista que cree localizar ese real del lenguaje en el cerebro mismo. Es también la pretensión actual del cognitivismo apoyado en las neurociencias. Y Lacan respondió a esa pretensión, no menos delirante que la que ha fundado siempre a cualquier religión, con una apuesta por otro real que solo la poesía puede hacer presente en cierto uso de la lengua, de lalengua sostenida en los equívocos de la letra. El encuentro, el desencuentro más bien, de Lacan con Chomsky es entonces de una enorme actualidad para medir el desencuentro de la ciencia con el psicoanálisis en este siglo XXI y puede leerse ya muy bien en la estela que dejó en el Seminario XXIII sobre El sinthome.
“El lenguaje come lo real”, podemos leer en este Seminario. El lenguaje carcome lo real, añadiremos incluso, para hacer de él un síntoma.  “El lenguaje está ligado a algo que hace agujero en lo real”, leemos también en su respuesta a Chomsky. El problema no es ya el agujero en lo simbólico, cómo agujerear el Otro de lo simbólico, porque lo simbólico es ese agujero mismo. El problema es hoy cómo responder a eso que en lo real hace agujero.
¿Cómo transmitir hoy el lugar decisivo de este real que en el lenguaje solo reaparece como aquello que no cesa de no escribirse y del que, como nos muestra la clínica, depende el destino de cada sujeto y, con él, el del psicoanálisis? El debate no ha hecho más que comenzar en esta perspectiva.
El instrumento que Lacan encontró para hacer valer lo real del psicoanálisis en el lenguaje de su tiempo es el instrumento de la letra en lo real del inconsciente.

4) Para hacerlo entender de una manera simple, para hacer escuchar algo de este real  de la letra en el inconsciente como un asunto de escritura en la palabra dicha, daré un pequeño ejemplo, una divertida historia explicada por Slavoj Zizek a los indignados que se congregaban hace poco en Wall Street. Es una historia que ya se explicó aquí en una sesión del Cursus.
Un hombre de la antigua Alemania oriental es deportado a Siberia. Antes de marchar, sabiendo que sus mensajes serán leídos por la censura, les dice a sus amigos: “Establezcamos un código. Si recibís una carta mía escrita en tinta azul, todo lo que os cuente es verdad. Si está escrita en tinta roja, es falso”. Al cabo de un mes les llega una carta escrita en tinta azul: “Aquí todo es estupendo. Las casas son amplias y espaciosas; en las calles hay todo tipo de tiendas y espectáculos; en los cines podemos ver todas las películas de Hollywood; podemos conseguir y comprar todo lo que queremos; lo único que no podemos conseguir es tinta roja”.
En efecto, nos falta la tinta roja para decir la verdad, aunque sea en la forma de una mentira que le permita, a esa verdad, pasar la censura. Es una falta estructural, es el agujero mismo que el lenguaje introduce en lo real. Y no tenemos acceso a este real si no es por los equívocos y los semblantes de la verdad que el lenguaje nos permite articular en la letra azul de nuestro discurso.
Diré, pues, para concluir que lo real de la tinta roja del psicoanálisis es hoy lo que no cesa de no escribirse entre la ciencia y el arte, entre sus dos mundos simbólicos. Lo real de la tinta roja es y será siempre el mismo en ellos: lo llamamos inconsciente y nos falta cada vez que hablamos.
Aunque nos quede siempre un resto, una huella de lo real en el síntoma, es cierto que no disponemos de la tinta roja para escribir ese real que designamos a veces con el aforismo lacaniano “no hay relación sexual”. Lo que no debe impedir, sin embargo, que intentemos escribirlo, una y otra vez, con la letra azul de nuestro discurso.

*Intervención en el Seminario de la ELP preparatorio al VIII Congreso de la AMP, "El orden simbólico en el seiglo XXI. No es más lo que era".

[1] Jacques Lacan, Seminario 23, “El sinthome”, Paidós, Buenos Aires 2006, p. 147.
[2] Ibidem, p. 127.