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28 de juliol 2010

“Facin com jo, no m’imitin”

Amb aquesta paradoxa aparent, - Faites comme moi, ne m’imitez pas -, Jacques Lacan s’adreçava al seu auditori d’una conferència feta a Roma l’any 1974. Segurament ja una mica tip que el citessin per dir moltes vegades una cosa ben diferent del que ell deia, - “La dona no existeix”, “Jo sempre dic la veritat”... - amb aquesta frase produïa un efecte de divisió irreductible en el seu lector i en el seu auditori.
De fet, és impossible de dir o de fer el mateix que un altre ha dit o ha fet sense dir o fer alhora una cosa a voltes ben diferent! En citar una frase d’algú no necessàriament diem el mateix que ell. Sovint podem contradir-lo sense adonar-nos-en. La diferència entre l’enunciat, la frase dita, i l’acte de l’enunciació, el fet de dir-la, es fa aquí irreductible. La repetició d’un mateix enunciat no arriba mai a trobar la identitat de la seva enunciació. I això val també en l’interior del discurs de cada subjecte... quan se cita a si mateix. La lógica implacable del significant fa que en la repetició es produeixi, sempre i necessàriament, la diferència. La divisió del subjecte que parla, - la divisió que Lacan escriu amb el matema de la $ -, es mostra així impossible de reunir de nou en qualsevol imatge d’un Jo que seria idèntic a si mateix.
Quan és que faig com l’altre sense imitar-lo? Quan és que només l’imito i no faig com ell? La imitació d’un acte no és l’acte que s’imita, és un altre acte diferent, un acte que no se sap tampoc a si mateix. En aquest cas que Lacan ens presenta amb la seva frase, per fer com l’altre cal fer un acte únic, inèdit, irrepetible...
En tot cas, espero precisament no traicionar la frase de Lacan amb el meu comentari. Fer com ell, sense imitar-lo, és aprendre a desxifar-lo en les seves voltes i els seus enigmes. Quan això passa realment, hi ha producció d’un saber nou, es produeix també un acte que modifica el subjecte que parla.
I el meu comentari ve a tomb, precisament, d’una troballa que acabo de fer tot llegint una referència que el mateix Lacan – sí, toujours Lacan – aconsellava en un Seminari de 1966, un llibre divertidíssim i molt instructiu d’un autor que no coneixia, Raymond Ruyer, filòsof i epistemòleg francès. El llibre porta un títol suggerent, Paradoxes de la conscience et limites de l'automatisme (publicat a Albin Michel l’any 1960) i és un cop de pal a tota la psicologia cognitivista actual de pretencions científiques. En un dels capítols, a la página 185, evoca el creador que no produeix una obra d’art nova plagiant-ne una altra però que sempre té, necessàriament, un gest de plagi en relació a les seves influències. (Caldria aquí posar una nota a peu de pàgina amb una referència al bon llibre de Harold Bloom, “L’angoixa de les influències”). Raymond Ruyer escriu (tradueixo tot repetint i espero no trair en la traducció): “Una obra d’art original no és pas el plagi d’una obra d’art precedent. El seu creador no plagia una altra obra ni tampoc la natura en les seves obres; amb tot, està encoratjat per l’exemple de la natura quan fa existir formes noves, coherents, amb la seva pròpia expressivitat”.
I a tall de conclusió del seu argument, ve la frase següent: “Il suit son exemple en ne l’imitant pas”. “Segueix el seu exemple sense imitar-la”.
I doncs! Lacan, que no amagava mai les seves referències, que segons ell mateix recollia d’on millor li semblava, plagiava aquí sense dir-ho? Imitava o seguia l’exemple? Malgrat el que Jacques Derrida em va dir un dia en referència a la frase tantes vegades citada de Lacan, “No hi ha metallenguatge”, que ell suposava plagiada de Heidegger, cal aprendre de Lacan que una frase no diu mai el mateix segons qui la digui. És precisament perquè no hi ha metallenguatge – no hi ha un metadiscurs que digui la veritat d’un altre discurs – que només es pot seguir l’exemple d’algú sense imitar-lo.
Nosaltres hem volgut amb aquest comentari seguir l’exemple de Lacan sense imitar-lo. Però només el lector podrà verificar-ho amb el que ell mateix vulgui fer, al seu torn, d’aquesta frase aparentment paradoxal. Només podrem afegir aleshores per seguir l’exemple de la frase: “Passa-la!”

28 de desembre 2007

Du mystème au mathème, en passant par le mithème



Ils sont comme des perles, ces petits textes, qui seraient échappées de leur fil et attendaient patiemment d’être rassemblées à nouveau pour montrer leur cohérence dans la série : celle des Paradoxes de Lacan, soigneusement édités par Jacques-Alain Miller dans les volumes des éditions du Seuil.* Car même si ces paradoxes ne sont pas numérotés, ils ne font pas moins série, tous adressés à un auditoire attentif mais non pas nécessairement avisé de la psychanalyse, un auditoire qui n’est pas celui d’aujourd’hui mais qui peut représenter aussi l’opinion éclairée de ce moment où elle est touchée par le discours de la psychanalyse.

Les deux textes que nous commentons ici, « Du symbole, et de sa fonction religieuse » et « Intervention après un exposé de Claude Lévi-Strauss... », font partie du volume Le mythe individuel du névrosé, marqué par la lecture et l’analyse structurales que Jacques Lacan avait fait du cas freudien de l’Homme aux rats. Ces deux interventions - celle de 1954 lors d’ un Congrès de psychologie religieuse et celle de 1956 à la Société française de philosophie, suivent la logique découverte par Lacan comme celle du signifiant dans l’ainsi nommée « suprématie » du symbolique sur l’imaginaire et le réel, la même qui a permis dans les années cinquante son retour à Freud. Ainsi, en reprenant la conception lévi-straussienne de l’ « efficacité symbolique », on peut lire dans la première des interventions que « le symbolique est là [coup sur la table], et le réel est là [coup sur la table], et l’homme est dans le milieu [coup sur la table, suivi d’un silence] » (p. 64). Ou bien que « le monde de l’image existe, mais il ne nous intéresse que par son utilisation symbolique, en tant qu’il est pris dans l’univers du symbole et qu’il y remplit une fonction » (p. 77). Et c’est justement cette articulation qui motivera dans la seconde intervention la question adressée à Claude Lévi-Strauss : « sur la tendance, la direction dans laquelle vous orientez cette coordination de ce que j’appellerai, moi dans mon langage, le symbolique et l’imaginaire » (p. 111). La puissance, donc, du symbolique et du levier du signifiant sera ici mise à l’épreuve du dialogue à la suite de la démonstration de son efficacité dans l’analyse du cas de l’Homme aux rats. Mais justement, ce qui apparaît comme le plus intéressant à notre lecture de ces deux interventions, cinquante ans après, est ce qui fait objection déjà à cette suprématie du symbolique et constitue le véritable argument de Lacan dans son dialogue avec Mircea Eliade, dans la première, avec Claude Lévi-Strauss dans la seconde.

En effet, le dialogue avec Mircea Eliade a lieu dans le contexte d’une réunion autour de Saint Jean de la Croix et de la fonction du symbole dans les discours de la religion. Lacan veut distinguer sa conception du symbolique, ordonnée par la logique du signifiant, de sa réduction imaginaire au symbolisme, ce qui sera aussi l’argument de sa lecture critique de la théorie du symbolisme chez Ernest Jones dans le texte célèbre des Ecrits dédié à cette question. En effet, la question du symbolisme dans l’oeuvre de Saint Jean de la Croix était, et continue d’être, d’une densité frappante. Mais Jacques Lacan s’arrêtera justement à l’oeuvre du mystique baroque espagnol pour indiquer la présence d’un autre levier que celui du symbolique et du signifiant dans l’expérience du sujet, un autre levier qui préfigure, selon notre lecture, la fonction de l’objet a comme cause du désir du sujet. Et où mieux le repérer que dans l’oeuvre d’un mystique qui a pu écrire des choses comme celle-ci, trouvée dans une lettre adressée à la prieure des Carmélites : « Veillez à ce qu’il ne vous manque pas le désir qu’il vous manque » (Cate que no le falte el deseo de que le falte)[i] ? Il y a, en effet, dans l’oeuvre de ce mystique une évocation permanente de la dimension de la jouissance non symbolisable par le signifiant, cette jouissance non phallique sur laquelle Lacan s’arrêtera à nouveau, presque vingt ans plus tard dans son Séminaire Encore, pour ranger Saint Jean de la Croix, comme Sainte Thérèse, du côté féminin.



Nous croyons donc pouvoir isoler les termes qui préfigurent cette objection de l’objet a à la suprématie du symbolique dans deux expressions soulignées par Lacan dans ces interventions. La première est tirée justement du texte de Saint Jean de la Croix, Nuit obscure, quand il parle des « déguisements de l’âme » (disfraces del alma). Il faut signaler d’abord que l’expérience du sujet dans l’ascèse mystique, figurée dans la Montée au Mont Carmel, est une expérience qui se fait tout entière dans le registre du sens, c’est-à-dire dans le registre du symbolique plutôt que dans celui d’un symbolisme préétabli dans l’imaginaire. La nuit obscure est avant tout la nuit obscure du sens où le sujet fait l’expérience d’un non-sens radical pour accéder au sens de son être le plus intime. C’est dans cette ascèse que l’âme doit, pour séduire le Christ-Époux revêtir, dans la nuit, les déguisements ( faire semblant a une dimension un peu péjorative qui ne traduit pas votre propos ; je pense que la phrase ainsi transformée est plus fidèle à votre idée) qui seront en trois couleurs, le blanc de la foi, le vert de l’espérance et le rouge de la charité. Et Lacan, en critiquant la lecture symboliste qui établit des correspondances imaginaires, indique : « Réfléchissez que même les trois vertus théologales ne sont ici que des ‘déguisements de l’âme’ (...) ‘Déguisements de l’âme’, qu’est-ce que cela veut dire ? – si ce n’est que dans toute son analyse de la Montée, ou dans sa description de cette rencontre, comme vous voudrez, saint Jean de la Croix nous indique qu’une espèce de contorsion est nécessaire pour s’évader du monde du symbole. Je vous le répète, même l’ordre essentiellement symbolique des trois vertus théologales est momentanément considéré comme le manteau sous lequel s’abrite la dernière essence, qui va à l’union ineffable avec la divinité. Ce sont là des symboles d’évasion du symbole » (p. 82-83). Le symbole de l’évasion du symbole, voilà peut-être la meilleure description de ce point de non-sens dont l’expérience mystique fait le levier du désir et de la jouissance et qui sera élaboré plus tard par Lacan dans sa construction de l’objet a comme cette sorte de « symbole de l’évasion du symbole » par excellence, le mathème. L’un des lecteurs les plus attentifs de saint Jean de la Croix, le poète et critique José Angel Valente, avait reconnu cette même dimension du non-sens dans la fonction de la lettre comme inhérente à la texture de la parole et du symbolique. Et c’est précisément avec la catégorie logique de l’impossible, reprise aussi par Lacan dans la deuxième intervention que nous commentons, qu’il avait essayé de repérer sa fonction chez le sujet, là où « l’impossibilité même est la seule matière que fait possible le chant (...) la substance dernière du chant qui est, d’une certaine façon, l’impossibilité du chant » [ii].

Dans ce contexte, il ne sera donc pas excessif de repérer dans ces « déguisements de l’âme », tels que Lacan les isole, une sorte d’unité de l’expérience de jouissance du sujet mystique, une sorte de mystème pour le dire ainsi, qui fait présent la fuite du sens dans le symbole même, en trouant toute possibilité de faire consister un symbolisme quelconque. C’est avec l’instance de ce mystème que Lacan continue son « dialogue désopilant », comme le qualifie Jacques-Alain Miller dans la quatrième de couverture, avec l’historien des religions Mircea Eliade.



Et c’est avec lui que nous pouvons aborder maintenant l’autre dialogue de Lacan avec Claude Lévi-Strauss et « ses développements sur le mythème » (p. 103), pour y repérer l’autre terme qui préfigure ce qui dans le symbole fait présent l’évasion du symbole. Il s’agit maintenant d’appliquer la grille symbolique de ce mythème – unité minimale isolé par Lévi-Strauss dans l’analyse des mythes – qui s’est montré aussi efficace pour Lacan dans l’analyse des symptômes de la névrose obsessionnelle de l’Homme aux rats. Dans la nécessaire négativation de l’un des quatre termes de la structure – celui qui signifiera la mort et le phallus dans la structure subjective du mythe individuel du sujet obsessionnel – Lacan lit « le signe d’une espèce d’impossibilité de la totale résolution du problème du mythe » (p. 105). Dans les diverses variations de la combinatoire des éléments symboliques en jeu dans l’histoire du sujet et de ses répétitions, il y a au terme une solution impossible, une combinatoire qui ne cesse de ne pas se produire et qui fait fonction de ce réel qui ne parvient pas à être symbolisé. Il s’agit d’un point d’impossible qui sera nodal dans la structure du symptôme, comme dans celle du mythe même. Le symptôme obsessionnel se démontre alors lui-même comme l’impossibilité de réduire à la structure symbolique du signifiant ce qui de la jouissance fait retour dans le réel. Les « rats », ces rats qui sont devenus le nom même de jouissance du sujet, ne seraient donc que le symbole qui rend présente l’évasion irréductible du symbole dans le champ de la jouissance, ce que Lacan désigne un peu plus loin comme « le signifiant de l’impossible » (p. 106). N’est-ce pas un terme à retenir comme anticipation de ce qui fera trou dans la suprématie du symbolique et qui fera l’échec du Nom-du-Père à symboliser toute la jouissance ?

Les « symboles de l’évasion du symbole », le « signifiant de l’impossible » à symboliser, voici les formulations frappantes et paradoxales que Lacan construit à cette époque pour aller du mystème, la fuite de sens religieux inhérente à tout symbole, au mathème de l’objet nécessaire à la psychanalyse et au désir de l’analyste, tout en passant par le mithème de son contemporain Lévi-Strauss.



* Jacques Lacan, « Du symbole, et de sa fonction religieuse » et « Intervention après un exposé de Claude Lévi-Strauss à la Société française de philosophie, ‘Sur les rapports entre la mythologie et le rituel’, avec une réponse de celui-ci » dans Le mythe individuel du névrosé, Éditions du Seuil, Paris 2007.













[i] Vida y obras de San Juan de la Cruz, Biblioteca de Autores Cristianos, Madrid 1978, p. 371. (La traduction est notre).




[ii] Voir l’excellent article de José Angel Valente, “Juan de la Cruz, el humilde del sin sentido”, dans Variaciones sobre el pájaro y la red, Tusquets, Barcelona 1991, p. 71-75.